Le confinement des solitaires

Nous avons beaucoup de chance à Fully : les familles originaires de la région sont très soudées et aucune d’entre elles ne laisse ses anciens seuls et désarmés. Néanmoins la commune a beaucoup grandi ces dernières décennies et la structure sociale avec elle. De nombreux « étrangers du dehors » sont venus s’y installer : vaudois, jurassiens, genevois, d’un pays limitrophe ou lointain. Venus loger à Fully pour leur travail, ils y sont restés. Plus tard, à la retraite, rendre visite à sa famille à quelques heures de Fully est un plaisant voyage d’agrément. A Fully même, le Club des Aînés contribue magnifiquement à maintenir des relations sociales agréables et ludiques.

Tout va bien, jusqu’à ce que soudain, la santé s’altère, la mobilité se réduise et que la complexité des démarches administratives devienne de plus en plus insurmontable.  La famille, trop éloignée, ne peut rien. Alors ces Solitaires « disparaissent » de la vie sociale. Cette situation m’interpelle et m’attriste. Comme ces solitaires, je suis moi-même sans famille à Fully et il est probable qu’un jour je vais devoir aller en EMS. L’EMS en soi est une excellente chose, mais ce qui m’angoisse – oui, c’est le mot – c’est de me retrouver seule, sans défense, confinée à l’intérieur d’une structure et à la merci de son système. Vous qui avez mis une énergie incroyable à contourner les règles du confinement dû au coronavirus,  vous avez développé des trésors d’ingéniosité pour ne pas devoir rester confiné chez vous. Alors vous comprendrez certainement de quoi je parle. Pour une personne âgée et seule, être en EMS, c’est comme être confinée. Et, confiné pour confiné, autant l’être chez soi. Non ?

Dans de telles situations, une structure administrative et sociale adaptée devrait accompagner ces personnes tout au long du chemin. Suivre les personnes seules, leur apporter assistance et de la socialisation doit faire partie intégrante des activités officielles d’une commune. Plusieurs communes valaisannes ont d’ailleurs mis en place différentes structures dans ce sens. Il ne tient qu’à nous de choisir la mieux adaptée aux besoins de nos propres habitants. N’êtes-vous pas d’accord ?

Brigitte Seydoux, juillet 2020

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TAXI BANCS : un projet alternatif de mobilité sur la commune de Fully

Fully est une commune regroupant de nombreux villages, dont certains sont éloignés de quelques kilomètres du centre de Vers l’Eglise. D’où la grande difficulté, pour les personnes sans moyens de locomotion à accéder aux commerces et différents services administratifs, médicaux, bancaires et autres…

L’offre de transports publics est desservie par les cars postaux le long du canal de Mazembroz à Branson. Pour une personne à mobilité réduite, cette offre semble inaccessible au vue de distance à parcourir pour rejoindre l’arrêt du bus, sans parler de l’accès au car postal avec un rollator…

Les citoyennes et citoyens en manque d’autonomie sont dépendants de parents ou voisins. Il ne leur est pas toujours aisé de demander de l’aide, avec l’impression de « toujours déranger !» Il existe bien un service de transports  bénévoles organisé par la paroisse, mais cela concerne prioritairement l’accès aux soins médicaux. Et pour aller rencontrer des amies au village voisin, pour rendre visite à un parent au Foyer Sœur Louise Bron, pour effectuer ses paiements à la Poste ou à la Banque, pour aller se faire une beauté chez le coiffeur ou l’esthéticienne, aucun service public de transports est proposé mise à part le taxi ; un peu cher pour certaines bourses…

À force de ne pas vouloir déranger, la personne dépendante choisit de renoncer à tout ça, choisit ou est contrainte de renoncer aux relations amicales et sociales, n’a plus recours à ses ressources d’autonomie et demande à ses proches d’aller lui faire les paiements et les courses… et le fauteuil derrière la fenêtre devient peu à peu, en tirant à peine le rideau, le seul moyen de s’évader et d’aller à la rencontre des autres.

Le projet TAXI BANC est une offre de transports originale, une offre simple et accessible de co-voiturage, sans réservation, sans horaire, gratuite alliant services et relations sociales.

Le principe est simple :

  • Des bancs publics sont installés dans tous les villages de Fully
  • Chaque banc est équipé de panneaux indicateurs faciles d’accès  (Vers l’Eglise, Branson, La Forêt, Chataîgner, La Fontaine, Mazembroz, etc…), voire photo ci-dessus.
  • Pour le retour, c’est pareil, il suffit de choisir le bon panneau… à moins de vouloir découcher…
  • La personne choisit sa destination, s’assied sur le banc et attend qu’une voiture s’arrête et que le conducteur lui propose ses services…
  • Les conversations naissent, les relations se nouent, le sentiment de compétences se renforce, les ressources d’autonomie perdurent…

Ce projet existe en Allemagne depuis quelques années  et fonctionne bien dans certaines zones périphériques. Le MISE propose qu’un tel projet voie rapidement le jour à Fully. C’est un projet simple, peu couteux et répondant aux besoins d’une population de plus en plus grande. Défi est lancé à la prochaine administration !

En voiture Simone !    

Christophe Thétaz

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Préserver les ressources pour les générations futures

L’eau est source de vie, de bien-être et d’énergie, mais parfois aussi de gros soucis lors d’intempéries, inondations, glissements de terrain ou de sécheresse. Grâce aux sources, aux torrents et au Rhône, elle est présente en abondance à Fully. Il a fallu apprendre à la maîtriser pour l’amener là où nous en avons besoin et à nous protéger contre sa puissance.

Aujourd’hui, en plus de la disponibilité, c’est aussi la qualité de l’eau qui nous préoccupe.

En 2017, les Forces Motrices de Fully ont installé trois micro turbines sur l’ancienne conduite forcée, assurant une production d’énergie durable. A l’avenir, cette eau de qualité venant du grand lac pourra aussi être utilisée comme eau potable, permettant ainsi l’autonomie de la Commune en eau.

Nous ne sommes pas toujours conscients de l’infrastructure nécessaire pour faire couler de l’eau bien fraîche et potable dans notre cuisine. Notre territoire communal est parcouru par un dédale de tuyaux souterrains reliant plusieurs réservoirs qui sont alimentés par des puits de pompage, des captages de sources ou l’eau du lac de Sorniot. La Commune va investir dans les années à venir 19 millions de francs pour rénover le réseau d’eau potable et les réservoirs. La technologie nous fait miroiter des possibilités de traitement de l’eau assurant sa qualité potable avec notamment la microfiltration.

Les analyses nous montrent que notre eau est de plus en plus polluée par de nombreux agents chimiques d’origines diverses (industrielle, agricole, domestique et accidentelle) issus de notre mode de vie passé ou actuel.

Le bisse du moulin de Randonnaz-Chiboz-Beudon

Ne serait-il pas plus sage de préserver la qualité de l’eau en amont avant de devoir investir dans des installations de filtration et d’épuration coûteuses ? Une bonne gestion dès la source est capitale pour notre santé et celle de l’environnement, elle concerne tous les êtres vivants. Les pesticides sont actuellement pointés du doigt car leur utilisation s’est généralisée. Et qu’en est-il des micropolluants issus des médicaments et autres produits de synthèse qui nous environnent chaque jour ?

Il n’y a pas que les pratiques agricoles à modifier, mais également nos gestes quotidiens : diminuer la consommation d’eau, éviter de jeter les déchets dans les toilettes, récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage des plantes, se passer de pesticides de synthèse, renoncer à l’achat de produits contenant des micropolluants (alimentation, cosmétiques, produits de nettoyage, emballages…), etc.

Certains gestes sont simples et d’autres demandent plus d’efforts. C’est dans la rareté et le besoin que l’on prend conscience de la valeur d’une ressource.

Au-delà des gestes personnels, comment agir au niveau communal pour préserver cette ressource capitale ? C’est la question que je me pose et même si mon engagement n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, j’aimerais m’investir avec la population pour la nature, dans une vision à long terme.

Outre les travaux de rénovation du réseau d’eau prévus par la Commune, quelles actions pourrait-on envisager ?

Des documents d’information destinés aux privés ou aux professionnels pourraient être élaborés en vue de sensibiliser la population sur l’impact des substances nocives, à la problématique de la séparation des eaux, aux possibilités de valorisation de l’eau de pluie, au fonctionnement des différents réseaux, etc.

En effet, une meilleure compréhension et des informations claires et vulgarisées inciteraient les citoyens et les entreprises à adopter des gestes quotidiens ne prétéritant pas cette ressource importante qui doit absolument être préservée, même si à Fully elle ne semble pas manquer pour l’instant.

De plus, toutes les mesures prises en faveur de la biodiversité et pour la préservation de l’environnement sont indirectement favorables à la qualité de l’eau. En effet, une faune et une flore équilibrée, ainsi qu’un sol sain et vivant, agissent comme des filtres biologiques très efficaces contre les nombreux agents polluants qui nous entourent. A Fully, plusieurs actions dans ce sens sont déjà en cours ou pourraient être réalisées, comme la plantation de haies indigènes, la diversification des cultures, la création de corridors écologiques, le réaménagement des berges du canal, le soutien à l’agriculture biologique, le développement de la mobilité douce, etc.

Au début vient la prise de conscience, puis les phases de remise en question, suivies de prises de décisions, pour aboutir au passage à des actions respectueuses de la nature. C’est une cascade d’actes constructifs qui préservent notre terroir et, par la même occasion, la santé et le bien-être, pour nous et les générations futures.

Madeleine Carron-Müller

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