Pour une agriculture locale viable

Comme de plus en plus de consommateurs, j’aime acheter mes fruits, légumes, miel, œufs ou viandes directement au producteur. Malheureusement, je suis souvent confrontée au fait de ne pas savoir où m’adresser pour en trouver. Parfois, au détour d’une conversation, quelqu’un me dit : « il y a la fille à … qui a des fraises », ou : « j’achète ma viande chez le mari de… » et je trouve dommage que ces informations ne soient pas plus accessibles.

Afin d’augmenter la visibilité de tous ces producteurs-trices, je pense qu’il pourrait être intéressant :

  • D’uniformiser leur signalisation (comme les caves à Saillon) afin d’augmenter leur visibilité, que ce soit auprès d’une clientèle locale ou de passage.
  • Créer une plaquette avec un plan recensant les cultivateurs et éleveurs et leurs produits.
  • Créer un site qui pourrait être plus complet, qui les présenterait, leur parcours, ainsi que leur mode de production. Un calendrier des récoltes des fruits et légumes serait également utile.
  • Compléter le site avec une partie participative où l’on publierait au fil des saisons nos recettes favorites utilisant des fruits et légumes de la région ou nos recettes de conserves afin d’en profiter tout au long de l’année.

Les avantages de favoriser ce mode de consommation sont multiples :

  • Permettre une meilleure communication entre producteurs et consommateurs.
  • Favoriser le cycle court de la consommation.
  • Acheter dans les quantités qui nous conviennent.
  • Limiter les emballages.
  • Choisir les modes de production qui correspondent aux valeurs que nous soutenons.
  • Assurer un meilleur revenu pour les producteurs-trices.
  • Soutenir la production de fruits et légumes dont la première qualité est le goût et non leur capacité à supporter des manipulations de longs transports.

Et à plus long terme, pourquoi ne pas envisager la création d’une association de petits producteurs vendant leurs produits. La commune pourrait les soutenir en les aidant à trouver un local adapté.

Isabelle Remy-Carron

https://www.lacooperationagricole.coop/fr/un-modele-particulier-dentreprise

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Pour une communication également non numérique

La communication de la Commune de Fully est axée sur deux médias.

Une communication numérique, avec un site très fourni (www.fully.ch) et une capacité de stockage des informations importante, mais où il est difficile de trouver les informations. On trouve souvent ce qu’on y cherche, mais on ne sait pas nécessairement ce qui s’y trouve. Ainsi, saviez-vous qu’au secrétariat de la maison de Commune, on peut acheter des billets pour l’utilisation du tunnel du Grand St Bernard à un prix préférentiel (8.00 CHF l’aller au lieu de 32.00 CHF) ? Et, avant de le lire dans le journal de Fully de juin, que la Commune participe financièrement à l’achat d’un vélo électrique ? La limite la plus importante de ce moyen de communication reste son inaccessibilité à toute une frange de la population dépourvue de connexion internet ou peu familière avec ce média.

Page d’accueil du site Internet de la commune de Fully

Une communication papier, limitée dans le volume et le stockage des informations, a un impact écologique plus important, mais il a le grand avantage d’être accessible à tous et cela en fait un bon complément de la communication numérique. Elle est ainsi judicieusement utilisée pour des tout-ménage, comme la lettre d’information des Services industriels. Elle devrait être renforcée, par exemple en informant sur les projets en cours, les décisions prises par le Conseil Général, une présentation des différents services communaux et des personnes y travaillant pourraient être quelques-uns des sujets traités.

Il manque aux habitants de Fully ces informations, et cela leur donne l’inconfortable sentiment de passer à côté de choses importantes.

Le journal de Fully – Page de garde de janvier 2020

Un renforcement des informations transmises à la population, soit par des flyers périodiques soit par une participation plus soutenue avec le Journal de Fully par exemple, serait la bienvenue. Tous auraient à y gagner. L’administration communale par une meilleure reconnaissance du très grand travail réalisé par son administration, ses différents services et commissions, et les citoyens de Fully, par une plus grande implication dans la vie politique de la commune.

Pour diminuer l’impact écologique de la communication papier, recyclez !

Isabelle Remy-Carron

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L’économie verte

Les ressources naturelles (eau, air, sol et matières premières) sont indispensables à la vie. Le fonctionnement de l’économie dépend lui aussi d’elles. Aujourd’hui l’utilisation des ressources est excessive et la manière dont nous consommons à un gros impact sur l’environnement et produit trop de déchets.

Pour que la qualité de vie de la population et le développement économique soit maintenu à long terme, il faut donc utiliser les ressources disponibles avec davantage d’efficacité.

Economie linéaire: https://www.youtube.com/watch?v=JstNtZfx648

Aujourd’hui, les circuits courts et plus récemment l’économie circulaire sont deux modèles qui permettent de répondre à ce défi.

Les circuits courts font leur apparition en réaction à une production agricole poussée à l’extrême dans une logique de rentabilité menant aux dérives que l’on connait (impact sur l’environnement, faible rémunération du producteur…) A Fully, il y a une trentaine d’année qu’une poignée d’agriculteurs se lance dans le porte à porte dans les vallées pour écouler les choux fleurs trop gros ou trop petits ou les tomates tordues. Il faut dire qu’à Fully tout le monde à des fruits et des légumes à cette époque et que les encouragements ne fusent pas ! Heureusement, un petit coup de pouce d’un homme visionnaire permet à ces pionniers de Fully de s’installer au marché de Martigny devant l’hôtel Kluser (aujourd’hui le Mc Donald). C’est la solidarité d’un poissonnier audacieux et d’agriculteurs persévérants qui favorise le début d’un mini marché devant le Bar du Stade à Fully, progressivement agrandit par d’autres commerçants. Cette aventure se poursuit aujourd’hui devant la maison de commune avec le marché du mardi et ses commerçants et artisans.

Et bien dans cette histoire, il y a tous les ingrédients d’une économie à circuits courts. L’audace, la créativité, la persévérance, un peu de chance, une force collective, un lien social et une relation de confiance qui s’installent entre le consommateur et l’artisans, le commerçant, le producteur ou l’entrepreneur avec au centre de bons produits, de beaux objets et des bons services !

Il y a de l’avenir pour cette économie locale à Fully, car nous savons que :

  • Les consommateurs sont de plus en plus demandeur de produits ou services locaux, soit par conviction écologique ou par intérêt économique, comme la restauration qui met en avant les produits locaux pour attirer les clients.
  • Dépenser l’argent dans des produits ou des services locaux, rapportent localement trois fois plus que de dépenser l’argent pour des produits au niveau national ou international.
  • Elle est source d’emploi et d’activités nouvelles
  • Elle crée une dynamique territoriale à Fully qui implique l’ensemble de la chaine économique, comme le tourisme, la culture (Fully Grand Cru, Fully Bouge, ComArt, Fully en terrasse,…)

L’économie circulaire à Fully est un défi de taille car notre économie fonctionne aujourd’hui de manière très linéaire : extraire des matières de la terre (énergie fossile, métaux), fabriquer des produits qui se consomment, consommer et jeter avec la pollution comme le CO2 dans l’atmosphère ou les plastics dans les océans.

https://www.ademe.fr/expertises/economie-circulaire

L’économie circulaire se réfléchit et se structure différemment. Les déchets des uns deviennent les matières premières des autres en mettant en réseau : le producteur (offre de matériaux de construction recyclable,…), le consommateur (allongement de la durée d’utilisation en réparant, réutilisant,…) et les acteurs du recyclage (réalimente en matières première le producteur).

A Fully nous avons des segments d’économie circulaire. Voici quelques exemples actuels ou futurs qui illustrent ces 3 domaines d’action:

Au niveau des acteurs économiques :

  • les arbustes indigènes produits par la pépinière du triage forestier ;
  • la ferronnerie à partir de vieux objets en métal ou l’artisanat à partir d’éléments naturels ;
  • les jus du pressoir ou les conserves maisons ;
  • un magasin de produits en vrac « chez Mamie » ;
  • utiliser dans la construction des matériaux faits de matières premières durables comme le bois par exemple qui pourront être mieux valorisées ;
  • l’agriculture biologique boucle complètement le cercle : la vache pâture l’herbe (ou mange le foin produit sur place), son lait/ sa viande sont transformés/valorisés sur place, son fumier composté sert de fumure pour les prés et cultures. La boucle est bouclée, très peu d’intrants, pas de déchets et des bons produits !

Au niveau de la demande et des comportements des consommateurs :

  • apporter ses souliers chez le cordonnier ;
  • redonner une 2ème vie à son canapé en donnant les housses, coussins au pressing ; acheter des habits chez Mod’Lyse, les vendre à la friperie ou les apporter au vestiaire paroissial ;
  • aller à la bibliothèque, ludothèque et tout récemment utiliser /alimenter les boites à livres ; 

Au niveau de la gestion des déchets :

  • le tri des déchets
  • faire appel à Retripa pour ramasser les matières valorisables des chantiers (le bois, la brique,) https://www.retripa.ch/fr/transports/
  • une compostière engageant du personnel de Fully, organisant la collecte des déchets verts, les transformant de manière professionnelle et les revendant ensuite à la population ;

L’économie circulaire est une voie réaliste. Au niveau Suisse, Circular  Economy Switzerland  https://www.translatetheweb.com/?from=de&to=fr&ref=SERP&dl=fr&rr=UC&a=https%3a%2f%2fcircular-economy-switzerland.ch%2f et tout récemment en Valais http://www.1pec.ch/ ont lancé des plateformes pour partager des idées et stimuler la créativité.

Au MISE nous pensons que l’économie de demain sera circulaire avec un renforcement des circuits courts. Ces deux modèles économiques permettent de concilier la croissance et le développement durable.

Anouk Dorsaz-Vielle.

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