Vers une politique culturelle

Lorsqu’on parle de culture, s’ouvre en nous une tornade d’images, de compréhensions, d’impressions, de définitions riches et variées. Si chaque individu peut avoir (ou non) sa propre opinion sur la culture, son étendue ou sa nécessité, il est en revanche primordial que chaque administration publique s’attache à trouver sa propre définition du domaine afin de cadrer son champ d’action en respectant et en considérant les responsabilités que le système fédéral lui impose.

La Commune de Fully sous l’impulsion du Conseil communal ainsi que des commissions ad hoc a lancé depuis quelques années une réflexion sur le réaménagement et la réaffectation de la « Belle Usine » ainsi que sur les activités qui pourraient s’y déployer.

La création d’un centre poly-culturel semble faire consensus. Et le bâtiment EOS est un lieu adapté à ce projet parce qu’il bénéficie d’une aura large et d’un emplacement central. Reste aujourd’hui la question du cadre, du fonctionnement, de la gestion et du financement d’un tel lieu ou d’une telle institution dans laquelle se côtoieraient les activités de nos sociétés locales et une activité professionnelle qu’elle soit dans le cadre d’une programmation artistique ou du travail de la Fondation Martial Ançay. Les uns et les autres pouvant même collaborer ou interagir et s’enrichir.

En Suisse, la culture est l’affaire des communes et des cantons. Les enjeux d’une politique culturelle sont fondamentaux pour la construction sociale d’une communauté, pour son image de marque et pour une gestion optimale des moyens publics investis. L’attribution d’un soutien ou d’une subvention devrait être l’expression d’une vision, d’un projet de société, d’une politique, d’une attente. La question n’est pas simplement de savoir si l’on veut ou si l’on peut apporter un soutien à tel artiste, à tel projet, à telle société, il s’agit de déterminer les impulsions que l’on souhaite donner à la culture comme outils social et communautaire, comme outils de réflexion, de rassemblement, d’échange et d’émerveillement.

Jusqu’ici la Commune de Fully profite des initiatives privées qui font rayonner son image culturelle, qui permettent à la population de se rencontrer, de se divertir, de se questionner. Elle jouit également d’enseignements des arts (musique, danse, chant, etc.) sans avoir eu besoin de définir ses attentes, son rôle ou ses besoins en termes de culture. Il y certes des soutiens réguliers et nous notons qu’un document définissant les lignes directrices d’une politique culturelle a été rédigé sous l’impulsion de la Commission culturelle de l’exécutif. Ce dernier a été validé par le Conseil communal et fut présenté en février aux membres du Conseil général. Nous sommes aujourd’hui sur des notes d’intentions qui doivent donner lieu à un engagement formel en direction de la culture et de ses activités sur la commune.

Une dizaine de communes valaisannes se sont dotées d’une politique culturelle ainsi que d’un règlement pour l’attribution des soutiens et subventions. Ces outils administratifs et ces bases légales sont le fruit d’un accord politique autour des notions culturelles. Ils permettent une efficience sans commune mesure et donne aux Municipalités, non seulement les outils, mais également les armes pour défendre une politique de subventionnement et développement culturel fort et non arbitraire. En donnant statut reconnu l’utilité publique aux activités artistiques, le politique permet à la Municipalité et à ses organes de justifier leurs engagements et de les suivre avec plus de précision. Ils permettent également aux structures soutenues (sociétés, artistes, lieux) d’avoir et une mission claire, et des devoirs envers la collectivité.

Le MISE constate que l’étude menée autour de la culture a permis de dresser un inventaire de nos richesses et de nos compétences. Nous souhaitons que ces premiers pas ne soient pas laissés pour lettre morte. Poursuivre et approfondir la réflexion, nous permettra de mettre le doigt sur les fragilités et les structures manquantes.

Si nous devons investir ou nous voulons dresser les lignes d’un pôle culturel (bâtiment EOS), la Municipalité doit clarifier ses intentions, ses besoins et les moyens qu’elle souhaite mettre dans la culture et pour quelles missions.

L’étude rédigée par la commission culturelle constate : « Depuis le début des années 2010, les villes et certaines grandes communes du canton, ont placé la culture parmi leurs priorités et en font un argument fort dans leur communication. Pour rester concurrentiel en termes d’attractivité, nous devons consolider notre position dans ce domaine. Il ne fait aucun doute que de nombreuses activités de qualité sont déjà organisées sur le territoire fulliérain. Elles ne peuvent toutefois pas se développer davantage sans un soutien avéré de la commune : positionner la culture comme l’un de nos axes de développement devient indispensable. »

Ainsi, elle définit les objectifs principaux suivants :

Objectifs culturels

  • Le soutien et la promotion des acteurs établis et en devenir
  • La coordination de l’offre afin d’en assurer la diversité et la régularité
  • La mise en valeur de la belle Usine comme lieu culturel et patrimonial
  • La valorisation du patrimoine de la commune

Objectifs sociaux

  • Le soutien à une offre culturelle diversifiée, accessible à tous les publics
  • Le soutien à la participation active de la population à une vie culturelle
  • L’intensification d’une offre culturelle créatrice de cohésion sociale

Objectifs économiques

  • L’intégration de la culture comme atout promotionnel pour la commune
  • Le rayonnement de la belle Usine hors des frontières régionales et cantonales

Objectifs environnementaux

  • La promotion des recommandations en vigueur (label Fiesta, respect de l’environnement et respect du voisinage)

Dès lors, la culture devient le ciment d’un projet de société, sert le bien commun et constitue le ferment de nos réflexions sur l’avenir.

Le MISE souhaite mettre sur la table rapidement la mise en œuvre de ces intentions. Nous travaillerons au Conseil général, au Conseil communal et dans les commissions de l’exécutif pour que la culture, les arts et le patrimoine soient enfin considérés comme des éléments constitutifs de notre communauté et qu’ils soient réfléchis, réglés et valorisés dans la politique communale.

Mathieu Bessero-Belti

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